Vacances d’été: l’Espagne veut croire à une reprise du tourisme début juillet

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    Destination privilégiée des Français, l’Espagne se déconfine lentement, par étapes. Tandis que Madrid et Barcelone restent soumises à de nombreuses restrictions, dans d’autres régions comme les Baléares et Canaries, plages et établissements hôteliers peuvent de nouveau accueillir les visiteurs.

    Pourra-t-on voyager en Espagne cet été? À l’heure où le coronavirus impose de nombreuses restrictions aux voyageurs, le pays, qui est l’une des destinations touristiques favorites des Français pour les beaux jours, a en tout cas amorcé son déconfinement. Les grandes villes comme Barcelone et Madrid, mais aussi la Castille-et-León, sont pour l’heure toujours soumises à un confinement strict. Dans d’autres régions, et notamment les archipels des Canaries et des Baléares, plages, hôtels et terrasses de restaurants ont pu rouvrir, sous conditions. Les frontières sont, elles, toujours fermées, et devraient le rester au moins jusqu’à la fin juin. Le point sur la situation.

    L’Espagne a mis en place un déconfinement par phases. Sur chaque territoire, correspondant soit à la province, l’équivalent de nos départements, soit à des zones plus réduites –agglomérations urbaines, cantons ruraux ou îles, par exemple —, la situation de l’épidémie et des capacités hospitalières est évaluée chaque semaine. Le gouvernement détermine alors qui peut déconfiner un degré de plus.

    À ce jour, 30% de l’Espagne est en «phase zéro», l’étape la plus stricte, appliquée dans les deux plus grandes agglomérations du pays: Madrid et Barcelone. La majorité de la Castille-et-León est également concernée : Valladolid, Ségovie, Ávila, León… À ce stade, les Espagnols ne peuvent sortir de chez eux que pour travailler, faire des courses, ou, depuis peu, effectuer une promenade ou une activité physique quotidienne. Les hôtels sont fermés et les restaurants ne sont autorisés qu’à livrer et vendre à emporter. Les petits commerces, eux, sont ouverts.

    La quasi-totalité du reste du pays est en «phase 1». La liberté de mouvement est à nouveau possible dans les limites du territoire partiellement déconfiné ainsi que les réunions de dix personnes maximum. Les hôtels sont autorisés à ouvrir, sauf les parties communes. Beaucoup restent toutefois fermés, car il est difficile d’être rentable en accueillant uniquement les clients des environs. Les terrasses des cafés peuvent ouvrir 50% de leur surface habituelle. Les musées sont autorisés à accueillir le public à un tiers de leurs capacités et des spectacles culturels peuvent être tenus devant 30 personnes en intérieur, 200 à l’extérieur.

    L’ouverture des plages, tant en «phase 0» qu’en «phase 1», dépend des municipalités. La baignade et la bronzette sont exclues, mais le sport y est parfois autorisé, y compris le surf. Dans les transports en commun, le port du masque est obligatoire depuis le 4 mai et devrait être étendu aux lieux publics couverts et aux rues où la distance sociale de 2 mètres ne peut pas être respectée.

    La «phase 2» n’est appliquée pour l’heure qu’à trois petites îles des Canaries (La Graciosa, La Gomera et El Hierro) et une des Baléares (Formentera). L’accès aux plages et aux piscines ainsi que la baignade y sont à nouveau autorisés.

    Suivra ensuite une phase 3, qui approfondira l’ouverture des commerces, notamment des restaurants, cinémas et théâtres. Le gouvernement espère que l’ensemble du territoire sera arrivé à la dernière phase d’ici fin juin. Il devrait alors être possible de retrouver ses activités habituelles, notamment sur les plages, mais dans le respect de consignes d’hygiène et de distance sociale poussées.

    Pour l’heure, il est quasi-impossible de voyager en Espagne à des fins touristiques. Ne sont autorisés à franchir les frontières terrestres que les ressortissants espagnols, les résidents et les travailleurs transfrontaliers, à l’exception de quelques cas de force majeure. Les frontières aériennes sont, elles, théoriquement ouvertes mais le nombre de vols s’est effondré. Le ministre de l’Aménagement du territoire et des Transports espagnol a annoncé le 18 mai que les touristes étrangers pourront entrer en Espagne «quand les Espagnols pourront se déplacer d’une province à l’autre». Soit à partir de la fin juin, «si l’évolution de la pandémie est favorable».

    En attendant, les professionnels du tourisme conseillent à leurs clients de temporiser. «Tout le monde a intériorisé l’incertitude, répond Jordi Martí, directeur de l’agence de voyages Traveltec dans la station balnéaire de Lloret de Mar, sur la Costa Brava . Les touristes savent qu’ils viendront quand leur pays les laissera partir et que je les accueillerai quand mon pays me laissera le faire. En tout cas, je me prépare à travailler le 1er juillet. L’été sera compliqué mais notre priorité est de reprendre le travail, plus que d’être rentables.»

    Le secteur envisage de se spécialiser dans le tourisme de proximité cet été si le secteur aérien n’a pas repris une activité suffisante. Jordi Martí, par exemple, dont les touristes français représentent «30 à 40%» des clients, se rapproche déjà des tour-opérateurs du sud de la France. «Nous connaissons parfaitement le profil de nos clients. Si certains ne peuvent pas venir, nous nous tournerons vers d’autres.»

    Pour mémoire, les autorités françaises déconseillent fortement tout voyage à l’étranger jusqu’à nouvel ordre. Les frontières françaises, comme dans la plupart des pays de l’espace Schengen, sont fermées jusqu’au 15 juin. La Commission européenne invite les États membres à restreindre les déplacements non essentiels vers des pays de l’Union européenne jusqu’à cette date.

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    Depuis le 15 mai, une quarantaine de deux semaines est imposée aux rares personnes susceptibles de passer la frontière malgré le rétablissement des contrôles: les résidents habituels qui souhaiteraient regagner le pays, qu’ils soient espagnols ou étrangers. Les transporteurs et travailleurs transfrontaliers échappent à cette règle. Au cours de cette quatorzaine, il est interdit de quitter son domicile pour un autre motif qu’aller faire les courses ou se soigner.

    Les témoignages de visiteurs étrangers recueillis par Le Figaro révèlent que la quatorzaine n’est pas systématiquement imposée à ceux qui franchissent la frontière par voie terrestre. En revanche, elle est toujours appliquée à ceux qui prennent l’avion. Dès l’arrivée à l’aéroport, la température des passagers est également relevée.

    Cette mesure devrait être maintenue jusqu’à la fin de l’état d’urgence, repoussée régulièrement par le Parlement sur demande du gouvernement et qui pourrait être fixée à la fin juin. La ministre italienne des Transports, Paola de Micheli, a par ailleurs annoncé lundi 11 mai que l’Italie travaillait «avec l’Espagne, la France et l’Allemagne» sur l’organisation cet été «de vols sans quarantaine entre ces pays».

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    Source: https://news.google.com/__i/rss/rd/articles/CBMidWh0dHBzOi8vd3d3LmxlZmlnYXJvLmZyL3ZveWFnZXMvdmFjYW5jZXMtZC1ldGUtbC1lc3BhZ25lLXZldXQtY3JvaXJlLWEtdW5lLXJlcHJpc2UtZHUtdG91cmlzbWUtZGVidXQtanVpbGxldC0yMDIwMDUyMNIBdWh0dHBzOi8vYW1wLmxlZmlnYXJvLmZyL3ZveWFnZXMvdmFjYW5jZXMtZC1ldGUtbC1lc3BhZ25lLXZldXQtY3JvaXJlLWEtdW5lLXJlcHJpc2UtZHUtdG91cmlzbWUtZGVidXQtanVpbGxldC0yMDIwMDUyMA?oc=5

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