Jean-Baptiste Rambla De victime à criminel, il se fait juger pour un deuxième meurtre; voici les détails

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Cet homme de 53 ans a comparu lundi devant la cour d’assises de la Haute-Garonne pour le meurtre de Cintia Lunimbu en 2017. Jean-Baptiste Rambla avait déjà tué une femme en 2005.
« Une rumination et le sentiment de ne pas suivre le reste du monde ». Ce sont les mots de psychiatres expérimentés pour décrire Jean-Baptiste Rambla. Son destin est également incompatible avec la normalité. Cet homme de 53 ans a été condamné à 18 ans de prison en 2008 pour le meurtre de son patron et de son amant trois ans plus tôt, et a de nouveau été inculpé de meurtre. Du lundi au 18 décembre, il doit comparaître devant la cour d’assises de Haute-Garonne pour avoir brutalement assassiné Cintia Lunimbu, une jeune femme de 21 ans que l’accusé ne connaissait pas, dans son appartement du quartier d’Arnaud. -Bernard, à Toulouse, le 21 juillet 2017.

Le nom de Jean-Baptiste Rambla n’est en aucun cas inconnu du monde de la justice. Alors qu’il n’avait que 6 ans, il a vu sa sœur aînée Marie-Dolorès, 8 ans, enlevée et tuée en 1974 à Marseille (Bouches-du-Rhône). Le garçon était alors au centre de cette affaire pénale qui a conduit à la condamnation à mort de l’auteur présumé Christian Ranucci, qui a été guillotiné en 1978 à l’âge de 22 ans.

Sous la direction de l’écrivain Gilles Perrault, auteur du livre « Le pull rouge », ce message devient un symbole de la lutte des abolitionnistes et argumente avec une erreur de droit. Un passé qui suit Jean-Baptiste Rambla depuis 46 ans et ne peut expliquer le mobile du meurtre de la jeune Cintia, 21 ans, retrouvée dans une mare de sang dans son petit atelier. En tant qu’enfant victime, cet homme a tué deux fois en admettant les faits, mais sans expliquer ses actes.

« Nous ne pouvons pas nous passer de ces traumatismes »
«Ce garçon a un double visage, analyse Me Frédéric David, l’un des avocats de Jean-Baptiste Rambla. Un premier traumatisme, l’enlèvement et le meurtre de sa sœur, avec qui il a grandi. Le livre paraît quelques années plus tard. Son influence sur lui aggrave cette blessure ouverte du meurtre de sa sœur par l’effet médiatique qu’il ne s’agissait pas de Ranucci, l’assassin de Marie-Dolorès. Nous comprenons que ce traumatisme de l’affaire Ranucci est inaudible pour les parents de Cintia. Cependant, étant donné la construction psychologique de cet homme, nous ne pouvons pas éviter ces traumatismes. «  »

Devenu adulte, Jean-Baptiste Rambla, ici à droite auprès de son père en 1979, tuera à deux reprises, sans jamais réussir à donner d’explications. Serge Assier/Gamma

Après sa première condamnation, Jean-Baptiste Rambla a été libéré sur parole en 2015. Il s’installe à Toulouse, quartier Empalot, et travaille dans une entreprise de recyclage de télévision. Il est accro à la cocaïne et prétend avoir été agressé par un couple du quartier le matin du 21 juillet 2017. Les enquêteurs n’ont jamais identifié ces deux personnes.

Dans l’après-midi, Jean-Baptiste Rambla se promène dans Arnaud-Bernard dans un jardin près de la résidence de Cintia et croit apercevoir la femme qui l’aurait agressé à la fenêtre de l’immeuble. Il se rend au quatrième étage, frappe à la porte de la victime, le bat fort, avant de lui massacrer la gorge trente minutes plus tard.

«Il connaît les faits, mais on ne peut éviter sa biographie, celle d’un homme qui se sent persécuté, poursuit Frédéric David. Nous nous appuierons sur les deux expertises psychiatriques et psychologiques qui évoquent réellement la notion de recourir à l’acte plutôt qu’à l’acte. Cela lui est imposé. Au moment de l’incident, il n’a pas été en mesure d’exprimer son inconfort. À tel point que c’était un autocuiseur. «  »

« Pourquoi libérons-nous quelqu’un comme ça? »
De son côté, Me Aurélie Joly, sa deuxième avocate, insiste «sur la nécessité d’expliquer au jury l’origine d’un tel traumatisme, cette incapacité à reconstruire ou à reconstruire, ce que ce passage signifie pour lui». . Il faut comprendre que si, malheureusement, Cintia avait été victime, cette décharge émotionnelle aurait pu tomber sur n’importe qui d’autre. «  »

Alberto Lunimbu, le père de Cintia, ne veut pas entendre parler de l’affaire Ranucci. Il a appelé les pompiers et la police le 21 juillet 2017 et craint de ne pas avoir entendu parler de sa fille unique depuis quelques jours. Très proche de Cintia, qu’il voyait deux fois par semaine, ce père au cœur brisé veut comprendre pourquoi elle a été tuée.

Cintia Lunimbu a reçu de violents coups de poing, avant d’être égorgée. DR

« Cintia n’avait aucun lien avec l’accusé et je ne peux pas admettre qu’elle était au mauvais endroit au mauvais moment », dit-il. Quand j’ai appris qu’il avait déjà tué, je n’ai pas compris pourquoi, dans un état légal, on libère quelqu’un comme ça sans aucun suivi. Son passé n’a rien à voir avec le meurtre de ma fille et il doit payer pour ce qu’il a fait. «  »

Un criminel organisé
Pour moi, Simon Cohen, avocat des parents de Cintia, « l’ombre de Ranucci planera au-dessus de la Cour de Haute Garonne alors qu’elle planait au-dessus des Bouches-du-Rhône, mais ce n’est pas possible ». répondez aux questions posées « . L’huissier rappelle «un criminel organisé» et rappelle qu’au jour des faits, le prévenu était équipé d’un cutter, de gants et de semelles de protection, même s’il n’avait pas de cible identifiée. Et son ADN a été retrouvé dans sept endroits du studio de la victime.

«Je pense qu’il a quitté la maison avec l’intention de tuer sans savoir exactement qui ni comment», explique Simon Cohen. Il a bénéficié de l’application la plus restrictive du droit pénal, car il est poursuivi pour meurtre et non pour meurtre. Ce qui le distingue, c’est qu’il a gardé la tête froide du début à la fin. Avoir quelqu’un qu’il ne connaissait pas ouvrir la porte, supporter cette personne qui souffre à ses côtés pendant au moins trente minutes avant de se trancher la gorge. «  »

L’avocat des parties civiles poursuit son énumération, illustrant le côté organisé qu’il attribue à l’accusé de «se doucher, effacer les traces, mettre en scène un vol qui aurait mal tourné, se débarrasser de ses propres effets, les laver». et enfin « passer des vacances près de Marseille comme si de rien n’était ».

Le verdict est attendu le 18 décembre. Jean-Baptiste Rambla risque la réclusion à perpétuité.

Bio express

25 septembre 1967. Jean-Baptiste Rambla naît à Marseille (Bouches-du-Rhône).

3 juin 1974. Il est le témoin direct du rapt de sa sœur Marie-Dolorès (8 ans) au pied de leur immeuble à Marseille.

28 juillet 1976. Christian Ranucci est guillotiné.

1978. Sortie du Pull-over Rouge, le livre enquête de Gilles Perrault sur l’affaire Ranucci

14 février 2005. Rambla est placé en détention provisoire dans le cadre du meurtre de Corinne Beidl.

2008. Il est condamné par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône à 18 ans de réclusion pour le meurtre de Corinne Beidl.

16 février 2015. Il bénéficie d’une libération conditionnelle.

9 août 2017. Il est interpellé à Six-Fours-les-Plages (Var), soupçonné d’avoir égorgé Cintia Lunimbu le 21 juillet 2017 à Toulouse (Haute-Garonne).

ref: leparisien

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