EbeneMagazine – FR – Samuel Le Bihan, père d’un enfant autiste: « Ma fille me donne des leçons de courage tous les jours »

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Un père trop occupé par sa carrière et absent, un autre enfant Jonathan, un brillant avocat, n’a aucune idée des habitudes, rituels et crises qui rythment le quotidien de son fils autiste Gabriel Quand il doit s’occuper de lui après la mort de la mère, qui s’est occupée seule du garçon de 12 ans, la mission semble incompatible avec sa vie

Ce lundi soir sur France 2 (21h15), le téléfilm « T’en faire pas, je suis là » raconte avec délicatesse et sans pathos la rencontre de ce père démissionnaire avec son enfant et l’autisme Un apprentissage pour adultes et un sujet que l’acteur Samuel Le Bihan (54 ans), père d’une fille autiste âgée de 8 ans et demi et auteur du roman «Un bonheur que je ne souhaite à personne» où il a abordé ce trouble, connaît bien L’acteur a apporté l’idée, puis confiée à Pierre Isoard, réalisateur de la série « Alex Hugo », le scénario et sa mise en images

Après votre livre publié en 2018 où vous avez raconté l’histoire d’une mère d’un enfant autiste, que vouliez-vous montrer à travers ce téléfilm?

SAMUEL LE BIHAN Je voulais partager ce que c’est que de vivre avec l’autisme au quotidien Dans mon livre, je parlais du combat d’une mère qui se transforme en guerrière Le téléfilm raconte comment cet homme apprend à ouvrir son cœur et laisse l’amour entrer dans sa vie, alors qu’il est handicapé à ce sujet C’est la confrontation de deux handicaps: la communication pour Gabriel, et l’amour chez ce père qui a du mal à assumer sa paternité et deviendra un homme en apprenant à devenir père Il y a une complémentarité entre le livre et le téléfilm, et autant de moi dans les deux

Dans la vie, avez-vous reçu des témoignages de mères qui ont été laissées seules parce que le père a fui lorsque le diagnostic d’autisme a été posé?

Oui Il y en a beaucoup Ce sont surtout les mères qui finissent avec des enfants Il y a aussi des pères qui se lèvent, mais beaucoup considèrent que ce n’est pas leur rôle

Oui, bien sûr Et nous ne nous sentons pas armés pour ça Moi, quand je suis sorti du bureau du juge et qu’on m’a dit que j’avais la garde de ma fille, je n’étais pas sûr de ce que cela signifiait Transformer en maison familiale de au jour le jour c’est spécial Avec un enfant différent, c’est encore plus grâce à ma fille, je suis devenue super forte en organisation!

Le papa du téléfilm apprend à écouter son fils Est-ce le plus important?

Il n’y a pas de manuel On s’adapte, on essaie de comprendre, d’observer, on réinvente une autre façon de vivre ensemble tous les jours Quand j’ai eu ma fille, je me suis dit que le handicap ne nous emprisonnerait pas, que nous allions faire face avec et le transcender Quoi qu’il arrive, j’ai décidé d’être heureux

Je n’avais pas le choix Les enfants autistes ont besoin d’un cadre et avec moi le cadre bougeait constamment, mais le repère de ma fille c’était moi Cela a été très bénéfique, car elle a développé des qualités d’adaptation, un sens de l’autre Depuis, j’ai choisi vivre à Nice pour le stabiliser, mettre en place un travail spécifique en fonction de ses besoins, les rendez-vous avec l’orthophoniste, l’ergothérapeute, le pédopsychiatre Quand je tourne, je gère à distance C’est plus compliqué Chacun fait ce qu’il peut Ma chance est de bien gagner sa vie

L’épingle à chaussures toujours à l’accueil et aux soins des enfants autistes?

Oui Il y a des régions où l’accueil est plus professionnel, et d’autres où il n’est pas bon d’être autiste en France Ça va lentement On ne peut pas rattraper 30 ans de retard du jour au lendemain Si la France l’a limité, c’est grâce aux parents Les médecins essayaient d’enfermer les enfants dans les hôpitaux psychiatriques, et les parents peinaient à faire accepter les méthodes d’accès à la langue, d’échange , autonomie, et qui a fonctionné dans d’autres pays Sur le long terme, il en coûte moins cher à l’Etat français d’avoir une personne autonome grâce à l’intégration, l’insertion scolaire et professionnelle, la formation des AVS (auxiliaires de vie scolaire) et en permettant aux enfants atypiques d’être en contact avec des enfants typiques, sachant que chacun s’enrichira de l’autre A l’arrivée, cela fait une société meilleure et c’est bénéfique pour tout le monde Il est temps de se moderniser

Lorsque les familles appellent la plateforme «Autism Info Service», que vous avez co-fondée en avril 2019, quelles sont les demandes?

Ce sont des questions médicales, scientifiques ou de droits de la famille Pendant l’accouchement, les appels se sont multipliés Il y avait beaucoup de solitude et de douleur Nous avons dû accompagner Nous sommes en train de créer un annuaire français pour rassembler tout ce qui se fait, tous les associations, les spécialistes

Ce personnage est humain dans ses relations aux autres, à la nature, à la justice… On a tous des blessures et on les cache pour avancer Alex Hugo aussi: il a construit une seconde chance Ce personnage résonne en moi et c’est un cadeau La série a permis de stabiliser ma vie, d’avancer aussi sur d’autres projets comme « T’en faire pas, j’suis là », l’écriture d’un film adapté de mon livre Ce qui m’a toujours guidé, c’est un besoin de liberté et d’action pour faire exister les choses

« Ne t’inquiète pas, je suis là », téléfilm de Pierre Isoard avec Samuel Le Bihan, Roman Villedieu, Lizzie Brocheré…

Samuel Le Bihan, Alex Hugo, Autisme, France 2

EbeneMagazine – FR – Samuel Le Bihan, père d’un enfant autiste: «Ma fille me donne des leçons de courage tous les jours»



SOURCE: https://www.ebenenews.com/news/ebenemagazine-fr-samuel-le-bihan-pre-dun-enfant-autiste-ma-fille-me-donne-des-leons-de-courage-tous-les-jours/?remotepost=115743

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